Damien Briançon, autoportait

 

J'ai d'abord dansé parce que je trouvais ça beau.

 

J'avais dix-neuf ans, et de mon point de vue la danse ressemblait à la mise en mouvement du corps de manière élégante. J'ai dû vite comprendre que la nécessité d'être en vie et la fragilité s'y jouaient, un peu plus que l'élégance.

 

Sans trop de détours, j'ai découvert la Pratique du mouvement dansé, avec Hervé Diasnas. De part sa possibilité de rendre autonome celui qui y chemine avec quelque assiduité, je me suis exercé seul sur la base de cette pratique : aujourd'hui encore, elle reste le socle de mon élan chorégraphique. Je travaille régulièrement avec des handicapés mentaux, et ma rencontre avec eux fut sans nul doute décisive quant à mon regard porté sur le mouvement.

J'ai dansé pour moi, avec ténacité, deux années durant, pour l'écriture inachevée d'un solo nommé Perméable. J'ai joué dans les films de Tristan Bordmann, et dans ceux que l'on a tournés ensemble au moyen d'une caméra super 8. J'ai dansé avec la Cie Marinnette Dozeville, avec la Cie La Smalah, avec le Théâtre de l'Ourse Rousse, et avec la Cie Hervé Diasnas.

 

J'ai créé ma compagnie, L'idiome est là. En résidence au Centre Chorégraphique de la ville de Strasbourg, j'ai lancé un chantier de recherche intitulé La considération des possibles, réunissant danseurs, vidéaste, constructeur d'objet et éclairagiste. Artiste résident de la Friche-Laiterie à Strasbourg en 2010-2011, j'y mène un chantier d'écriture intitulé Pièces empreintées. J'ai commencé à enseigner la danse, avec entre les mains les de la Pratique du mouvement dansé.

 

Maintenant je danse par goût de la véracité.

 

Il est interprète de Pluie d'émetteur de la Compagnie Nadja.